Aimer c'est mal parce-que ça blesse, ça te violente le coeur et le corps - t'imagine même pas.
J'me suis toujours demandé si j'avais aimé une fois, un jour, une heure - au moins -, si je n'avais pas fait semblant, plutôt. Peut-être ai-je aimé après tout - surement même - mais pas comme il aurait fallu, pas du mieux que j'ai pu. Je n'ai jamais su si je devais tout donner, mes troubles et le reste ou si je devais en garder et garder entre mes bras tout l'amour que j'avais en moi. J'ai jamais su et je ne ressens plus rien. J'voudrais bien pouvoir tout recracher, tout te donner mais je ne vois toujours pas la lumière ou bien l'éclat de ton sourire. Aller, approche-toi, accroche-toi et apprend-moi, comment on aime. Mais pas un peu, pas du bout des doigts ni du bout des lèvres, pas comme on effleure le bras d'un inconnu qui passe puis qui se tire sans un pardon, sans rien, sans un regard ou son prénom et qui te laisse là, sur le rebord d'un trottoire alors que le jour peine à se lever. Pas comme ça. Montre moi le monde, dis moi qu'il est beau et que la brume me va au teint, qu'elle me rend pâle mais que ça ne fait rien, que c'est mieux ainsi et puis tant pis. Dessine moi l'amour dans le creu de la main et embrasse mon ventre même si ce n'est pas permis, même si c'est interdit. Ecris tous les poèmes que tu pourras et on les brulera - parce-que tu m'auras rendu dingue ou parce-que j'aurais trop bu, encore. Et viens et cours avec moi, à travers les fôrets, sur des plages abandonnées que personne ne regarde. Et personne ne me regarde, sauf toi. Et je suis une plage, allonge toi et vois comme je suis vide, comme il manque la chaleur et bien des choses. Et remplie moi de caresses et des misères du monde, je les accepte. Donne moi des pleurs et des sourires, des émotions et des frissons. Je ne veux pas frissonner que parce-que j'ai froid, je veux trembler parce-que je ressens la vie et les tempêtes, parce-que tu m'encercle et que c'est un bonheur. Je veux t'aimer, je suis prête a essayer et plus encore. Essayons-nous, soyons fous et folles et irréalistes. Rêvons un peu, c'est tout ce que j'ai.